La Cordillère Blanche 2 : de la boue… au paradis!

Nous repartons donc en direction de la Cordillère Blanche mais cette fois ci nous partons explorer le côté est où se trouve un lodge  situé dans un magnifique cadre, conseillé par d’autres voyageurs.

La piste de 18 km traverse de petits hameaux à l’ombre des eucalyptus. La vie semble encore ici bien loin de nos préoccupations de citadins Européens, disons le, parfois bien superficielles. Les femmes et les hommes travaillent la terre, pendant que les enfants se contentent de morceaux de bois en guise de jeux. Cochons, moutons, ânes, vaches sont leurs principales richesses. Les maisons en adobe couleur terre de sienne (entre rouge et le marron) s’alignent tout au long de la piste et semblent bien sommaires.  Les tenues traditionnelles des femmes et des petites filles colorent le paysage et nous donnent une impression d’être hors du temps..

Nous progressons facilement, la piste est en bon état, la montée en altitude se fait progressivement, nous nous réjouissons à l’idée de découvrir ce petit coin de paradis tant vanté..

Et bien OUI, c’est le moment où tout bascule, où l’harmonie qui se dégage de ces paysages et qui nous fait nous dire quelle merveilleuse idée ce voyage que BOUM, l’équilibre est rompu !!

Nous constatons en effet que sur la piste, de la terre argileuse a été déposée. J’ai juste le temps de dire à Frédéric qu’il faudra faire attention à la descente que nous nous retrouvons …où ? Dans le fossé !!!

Juste une petite glissade de l’arrière, du côté droit, à peine ressentit par l’équipage. Frédéric sort du camping car pour constater l’ampleur du soucis et il y’a vraiment un soucis à entendre ses cris de colère dont je vous passerai le contenu par politesse!

A mon tour, je pars constater l’ampleur des dégâts et disons le je me sens abattue…Nous sommes seulement à 300 mètres de l’arrivée, le lodge se situe après le dernier virage, j’ai à mon tour envie de crier de jolis mots fleuris, mais non il faut partir chercher de l’aide. Seul un gros 4×4 peut nous sortir de là ! A la lampe torche, Thaïs et moi même partons, ah oui détail important, il fait nuit ! Nous distinguons à peine le chemin, il fait froid, l’altitude me rappelle rapidement, le souffle court, enfin nous arrivons.

Ohéééééééééé, il y’a quelqu’un???? Help, SOS, terriens en détresse…….Tranquillement tranquile, Eric sort. A ses yeux, je vois bien qu’il ne comprend pas mon étrange langage. Alors prévoyant, Frédéric nous avait préparé un petit dessin très explicite sur la situation ainsi que quelques mots en espagnol compréhensibles ! Mais point de voiture et encore moins de 4×4.

Nous partons avec 2 pelles, le moral en dessous de zéro, conscients que la nuit risque d’être longue ! S’en suivent 3 heures interminables où Frédéric tentera de dégager les roues pour glisser le cric puis les plaques de désembourbages. L’argile dans laquelle nous sommes embourbés est collante et humide. Thaïs avec une énergie et une volonté constructive se dépasse, malgré le froid, il est là, avec nous. Moi, de mon côté, je me sens bien inutile, alors je mouline, je mouline de longues heures ma poignée de lampe à dynamo, de quoi faire un peu de lumière dans cette situation bien sombre…Mais rien n’y fait, après plusieurs essais, nous patinons allègrement. La terre touche le bas du camping car, impossible de sortir seul ! Inutile de continuer, le froid et la fatigue ont raison de nous, Frédéric sous ses habits de lumières argileux tel un artisant potier finit par convenir que ce soir nous dormirons là ! Chouette!

Alors je vous laisse imaginer notre position dans nos lits respectifs, droits comme des I, têtes en haut (heureusement!), nous finissons par nous endormir…

6h 45 du matin, premier coup de klaxon, ah oui, vous ai je dis qu’il est impossible pour un véhicule de passer à côté de nous ? Un taxi venu chercher une touriste pour l’aéroport veut passer! Ah oui, et bien il ira la chercher à pied ! Il nous promet de revenir pour nous aider…

Frédéric s’apprête donc à de nouveau tenter de nous dégager ( après avoir réfléchit une bonne partie de la nuit à une stratégie), quand un 4X4 arrive avec 4 gaillards, ils sont pour nous!!!  Et ils ont l’air motivé pour passer, mais impossible sans nous sortir de là, c’est la condition! Le conducteur prend la direction des opérations, après avoir tenté dans un premier temps de nous pousser (trop lourd!!!), ils terrassent le bord du chemin pour nous passer devant et nous tracter grâce à nos sangles de traction, en moins de temps que pour le dire nous sortons du fossé!

Même pas le temps de faire des photos, désolée!

OUIIIIIIIIII, BRAVOOOOOOOOOOOOOOOOOO, quelle bonne idée ce voyage!

Nous rebouchons les trous du chemin et nous reprenons la route!

le fossé à gauche, c’est le nôtre!

La bonne humeur regagne rapidement l’équipage, enfin nous arrivons en terre promise…

Que c’est beau, l’endroit idéal pour nous ressourcer et nous remettre de nos émotions! Nous nous installons sur le parking du lodge, à côté du ruisseau, nous y resterons 4 jours.

un bon nettoyage s’impose!

Nous partons à la découverte des paysages environnants, à pied ou à vélo, les randonnées sont magnifiques.

Un petit pique nique dans les prés

Tous les matins, femmes et enfants passent avec les vaches, moutons et autres bestiaux pour une journée dans les pâturages, et le soir c’est le retour vers le village.

Nous apprendrons pendant notre séjour que Ford France ne peut pas nous avoir les pièces avant le départ d’Arnaud pour le Pérou! Alors seule solution, les commander et les faire livrer à Cuzco pour ne pas prendre (encore) trop de retard…Quand je vous dis que c’est un peu compliqué tout çà!!! Finalement, nous serons revenus dans la Cordillère pour rien, puisque nous n’avons plus besoin d’attendre l’arrivée d’Arnaud que nous remercions encore. Mais non, nous ne sommes pas venus ici pour rien, d’abord nous n’aurions pas connu une nuit dans un fossé qui aujourd’hui alimente nos discussions et nos fous rires; et surtout ce coin de paradis valait vraiment le détour.

Alors en route pour la suite de notre périple qui nous conduira à Paracas…Je vous promets un récit dont le contenu s’avérera plus…. tranquille !

A bientôt, on vous embrasse.

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3 réponses à La Cordillère Blanche 2 : de la boue… au paradis!

  1. CHARLES dit :

    Avons pris connaissance de vos dernières péripéties, moins ennuyeuses nous semble-t-il que les précédentes (nous n’étions pas à votre place). Nous souhaitons que votre pièce de rechange se montre enfin. Un mail va suivre. Bisous.

  2. Betty dit :

    Ah que d’aventures !!!! je parie que ce petit lodge vous a semblé comme un petit coin de paradis après toutes ses péripéties !!!!
    En tout cas vous êtes bien loin des « maman, je veux pas aller à l’école !! ammène-moi avec toi à la maison !!! tout ça en pleurant toutes les larmes de son corps …dur dur la rentrée »
    On pense à vous !! mais bon je préfère les récits calmes parce que j’imagine l’angoisse qui va avec !!
    BIZ

  3. Céline et Seb dit :

    Bon et bien on ne s’ennuie pas !
    Plus besoin d’acheter le dernier livre de poche d’aventures, vous êtes là !!!
    Même si tout cela fait un peu sourire, nous imaginons bien l’angoisse et le désarroi dans lequel vous étiez !
    Soyez prudent les amis …
    Bisous.

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